La liberté d’expression a ses limites, surtout dans les réseaux sociaux. Il en est de même pour la diffusion d’images trop explicites, référence à l’hétérogénéité du public de Facebook, les jeunes étant les plus nombreux. Alors quand on est photographe expert en bondage et qu’on fait la promotion de sa page Facebook, avec des photos de femmes ligotées, on risque la censure, bien qu’on ait payé le géant des réseaux sociaux avant de le faire !

Une page supprimée malgré une redevance versée à Facebook

Le cas de Dehene n’est pas commun. Dans sa politique de censure, Facebook n’a pas été tendre envers ce photographe originaire de Nancy. « J’ai l’impression d’être un gamin en train de faire des châteaux de sable que la mer vient à chaque fois détruire », se plaint-il. Comment ne pas se sentir ainsi quand Facebook ferme sa page deux fois de suite, malgré ses précautions.

Pour information, Dehene est expert en shibari, un type de bondage japonais dans lequel les femmes sont ligotées, dénudé, suivant des techniques raffinées. À l’âge de trente ans, ce photographe pratique une activité peu commune qu’il a décidé de partager avec la multitude sur le réseau social Facebook. Les clichés qu’il produit sont d’une beauté admirable seulement par les adultes. Ces derniers, consentants, pouvaient les admirer sur sa page Facebook qui a rapidement été suivie par 6 000 personnes. Malgré leur caractère érotique, ils présentent un côté artistique que l’on ne peut dénier.

Dehene a sollicité Facebook pour promouvoir sa page, en lui versant 600 €. Cela n’a pas empêché la société américaine de supprimer cette page vers la moitié du mois de février. Le photographe ne comprend pas le geste étant donné ses prises de précaution. En effet, il n’a diffusé que les clichés les plus sages sur sa page en prenant soin de cacher la poitrine de ses modèles par des zones floues. Une précaution qui ne semble pas avoir influencé Facebook, et cela par deux fois.

L’Obs publie son témoignage

Après cette première suppression, Dehene a créé une nouvelle page dédiée à sa passion. Il a redoublé de vigilance, ne publiant plus visiblement ses clichés explicites, mais veillant à rediriger les intéressés vers un autre réseau social. Dans ce sens, il a flouté entièrement les photos. Entre temps, l’Est Républicain avait écrit un article sur sa mésaventure et la censure moderne de Facebook. Dehene a diffusé cet article qui a irrité Marc Zuckerberg au point de fermer cette seconde page à son tour, seulement 24 heures après cette publication. Apparemment, sa société n’est pas non plus fan des critiques ! Dehene table sur une poursuite judiciaire à son encontre. Mais pour l’heure, ses plaintes ont fait effet auprès de l’Obs qui a diffusé son témoignage sur son site internet.