Suite à l’adoption récente de la loi anti prostitution ayant entraîné la pénalisation de toute personne surprise en train de solliciter les services de prostituées, l’ensemble des « travailleurs du sexe » ont effectué une manifestation en plein cœur de Paris. Il réclame entre autres un droit à travailler et la suppression de ladite pénalisation de leurs habitués.

Une manifestation qui tombe au bon jour

 

Cette manifestation qui a réuni cent cinquante prostituées environ a eu lieu exactement le jour de la célébration du premier anniversaire de l’adoption de la loi. Ainsi, les travailleurs du sexe ont choisi le bon jour pour se faire entendre et dénoncer la précarisation de leur condition de vie et de travail. Ils visent surtout l’abolition de ce texte qui est loin de jouer à leur faveur.

Les protestataires ont choisi la place Pigalle comme point de regroupement. Ils se sont par la suite dirigés en direction du quartier de la République en accentuant des slogans du style « sexwork is work » ou « clients pénalisés, putes assassinées ».

Un rassemblement appuyé par plusieurs organisations

 

Différentes organisations, le syndicat du travail sexuel ou Strass y compris, sont les instigateurs de cette manifestation. Médecins du Monde, Médecins du Monde, le Planning familial, Act-up Paris et Aides ou encore « les Roses d’acier », un collectif de travailleuses du sexe d’origine chinoise de Belleville soutiennent également la cause des prostituées.

« La loi a entraîné une baisse des clients qui sollicitaient les travailleuses du sexe, notamment dans la rue. Et qui dit moins de clients dit moins de revenus, des difficultés à choisir ses clients, ce qui veut dire plus de rapports sans protection et plus de faits de violence », précise Tin Leicester coordinateur à Médecins du Monde. « Malheureusement, c’est un constat d’échec », ajoute-t-il.

Une amende pouvant aller jusqu’à 3.750 euros

 

Pour rappel, c’est le 6 avril de l’année 2016 que la France a rejoint les rangs des pays européens à pénaliser les clients des travailleurs du sexe. Ceux qui contreviennent à l’interdiction de « l’achat d’actes sexuels » encourent désormais une amende de 1.500 euros pouvant aller jusqu’à 3.750 euros dans le cas où ils récidivent. Un an après l’adoption de cette loi, 804 clients ont fait l’objet d’une verbalisation des forces de l’ordre.