Un député kenyan a demandé aux femmes de priver de sexe leurs maris jusqu’à ce qu’ils se soient inscrits comme électeurs pour les élections du 8 août prochain.

Une stratégie « électorale »

Mishi Mboko, représentante des femmes de la ville côtière de Mombasa, affirme que c’était la meilleure stratégie pour renforcer les votes de l’opposition. « Les femmes, c’est la stratégie que vous devriez adopter. C’est la meilleure. Ne leur faites plus l’amour avant qu’ils vous aient pas montré leur carte d’électeur », a-t-elle déclaré.

Les inscriptions se terminent le 17 février

Mme Mboko a déclaré que le sexe était une arme puissante et encouragerait les hommes réticents à se précipiter pour s’inscrire comme électeurs. Elle a déclaré que son mari ne serait pas affecté par le boycott comme il s’était déjà enregistré.

Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, chercherait apparemment un deuxième mandat et devrait être contesté par un candidat soutenu par une alliance de partis d’opposition, y compris l’ODM de Mme Mboko. Mme Mboko a déclaré que l’alliance de l’opposition avait une meilleure chance de gagner les élections si ses partisans s’enregistrent en grand nombre.

Les appels à des boycotts sexuels sont fréquents au Kenya. En 2009, les femmes militantes ont fait une grève du sexe d’une semaine afin la réconciliation du président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga.

Promouvoir l’opposition

Dans la partie ouest du pays, plus précisément à Kisumu, qui est une ville portuaire, les chauffeurs de motos-taxis, les « boda-boda », ont comme tactique de refuser de prendre les passagers non-détenteurs de cartes électorales. « Pas de chauffeur pour ceux qui ne se sont pas enregistrés », a insisté le chef de l’association Kisumu Boda-Boda, Joseph Owiti.

Quelque six millions d’électeurs sont attendus par la Commission électorale kényane, d’ici à la date butoir, qui est le 14 février. Une telle hausse de participation pourrait bien jouer en faveur de celui qui réussira à convaincre le plus de partisans. D’après Mme Mboko, c’est le meilleur moyen pour l’opposition d’accéder au pouvoir et de ce fait, de mettre hors-jeu l’actuel président Uhuru Kenyatta.