La discrimination féminine est encore omniprésente dans notre monde actuel bien que des efforts ont été effectués dans le domaine de l’égalité entre genre. Les élites scientifiques en sont la preuve. Une étude faite par un groupe international a récemment démontré l’évidente sous-représentation des femmes en matière de révision des publications scientifiques.

Leurs œuvres sont « contrôlées » avant publication

Pour qu’un article puisse avoir le mérite d’être validé et publié dans les revues scientifiques, il doit avant tout obtenir l’approbation de chercheurs indépendants. « Ceux-ci sont évidemment censés être sélectionnés en fonction de leurs compétences et non pas de leur sexe », ont rappelé les auteurs du travail. Cependant après l’étude de la question du genre par ces observateurs, ils sont arrivés à une constatation assez décevante. « Les femmes scientifiques, déjà minoritaires dans leur domaine, sont sous-sélectionnées pour la révision de papiers. »

Cette conclusion est le résultat de l’analyse d’une série de 41 000 publications dans différents domaines allant de la science, la santé aux sciences sociales, parues entre 2007 et 2015, et une base de 43 000 examinateurs.

Pourquoi ?

Leur sous-nombre dans les domaines de la recherche ne constitue pas la seule raison de la sous-représentation du genre féminin. En effet, « elles sont moins sollicitées en tant qu’examinatrices que l’on pourrait s’y attendre statistiquement ». La cause principale de ce fait est expliquée par une « tendance naturelle et inconsciente qu’ont les éditeurs, majoritairement masculins, à sélectionner quelqu’un de leur sexe », plus qu’étonnante.

Les auteurs ont affirmé que : « la pratique se manifeste différemment selon les sexes ». Cette attitude ne touche pas que les hommes même s’il est largement plus répandu chez ces derniers plus de 50 % des individus), elle est également pratiquée par les éditeurs de la gent féminine dont 10 % à promouvoir cette discrimination qui tend à l’extrême en rejetant de façon systématique les relectrices.

« Même en présence d’une politique paritaire, où hommes et femmes seraient également représentés, ce biais homophile peut persister », dixit les auteurs. « Le véritable enjeu serait donc de parvenir à modifier les comportements. » Les auteurs de l’étude suggèrent des outils, comme des tableaux qui s’afficheraient lors de la mise en ligne d’épreuves, rappelant les chiffres du sexisme. Peut-être que l’éducation des filles et des garçons dès le plus jeune âge à une vision égalitaire entre les sexes serait une piste intéressante.

Les auteurs de l’étude préconisent des outils tels que les tableaux qui seront affichés lors de la mise en ligne d’épreuves pour rappeler les chiffres du sexisme. Une autre solution serait à envisager : habituer les enfants à avoir une perception plus équitable du genre.

*CNRS à l’Institut de neurosciences des systèmes (Inserm/AMU) et des chercheurs de Yale et de l’Institut Max Planck (Allemagne)