Après la petite pilule bleue, voici l’Addyi, ou communément appeler le « viagra rose ». Suite à différents refus de commercialisation, la FDA (Food and Drug Administration), une administration américaine dont le principal rôle est de mettre sur le marché les médicaments, a enfin donné son accord pour la mise en vente de l’Addyi ou le « viagra féminin » aux USA.

L’Addyi, pour qui ?

Cette pilule rose a été spécialement conçue pour les femmes ayant quelques problèmes de libido mais qui ne sont pas encore atteintes par la ménopause. Toutefois, malgré son efficience, ses effets secondaires n’en restent pas des moindres, d’où les interdictions de la FDA de vendre ce médicament sur le marché auparavant.

Comment se manifeste le manque de libido ?

Grâce à cette approbation de la FDA, les femmes ayant des troubles du désir sexuel ont enfin une option pour combattre leur problème de libido. Le manque de libido est une maladie qui touche plusieurs femmes et nuisent à leur vie de couple. Effectivement, une baisse du désir cause souvent des troubles au sein du couple qui, au fil du temps, est automatiquement interprété par une baisse d’amour entre les partenaires, les rapports intimes étant  essentiels. Ce manque de désir peut provoquer une souffrance psychologique et même entrainer une grande frustration chez la femme atteinte de ce problème de libido. C’est en vue d’y remédier que l’Addyi a été créée, afin de stimuler l’envie sexuelle chez la femme que ce soit du point de vue physique ou mental.

L’Addyi, une pilule qui ravive le désir sexuel

Ce qui est le plus intéressant dans le fonctionnement de l’Addyi, c’est que cette pilule vise directement les troubles qui bloquent les désirs sexuels de la femme. Elle agit donc sur le cerveau afin de baisser la production de sérotonine pour laisser libre cours à la sécrétion de la dopamine, une hormone indispensable pour la femme car elle est reliée au désir sexuel et permet de réveiller la libido.

Une efficacité sélective

Le plus grand problème pour cette pilule est qu’elle ne fait effet que sur certaines  femmes car seulement 8 à 13% d’entre elles ont constaté une amélioration de leur libido. Malgré un bon retour sur l’efficacité de l’Addyi pour ces femmes, les effets secondaires de ce médicament n’en restent pas moins importants. A la base, il s’agit d’un antidépresseur reconditionné et ses effets secondaires sont assez dangereux car il peut provoquer des vertiges, voire de la somnolence, mais aussi une tension artérielle extrêmement basse. En même temps,  la prise de pilule contraceptive n’est pas recommandée durant le traitement à l’Addyi .

Des années de refus de la FDA

Cette pilule n’est pas inconnue à la FDA. Pour cause, deux requêtes en faveur de sa commercialisation ont été déposées en 2010 et en 2013 par Sprout Pharmaceuticals. Des  demandes rejetées par la FDA qui invoque l’insuffisance d’efficacité du médicament et surtout ses effets secondaires sur les femmes comme raisons. Pour parvenir à ses fins, Sprout Pharmaceuticals a procédé à une campagne publicitaire appelée « Even the score » pour sensibiliser les femmes sur un moyen de guérir leur problème de libido. Une initiative payante car malgré qu’aucun autre test n’a été effectué sur l’Addyi depuis ces refus, en juin dernier, un comité consultatif composé d’experts de la FDA a autorisé sa diffusion après un vote à 18 voix contre 6.

Une prise de risque volontaire

Afin de prévenir des risques de ce médicament, les femmes qui veulent l’ingérer et les médecins qui le prescrivent doivent être bien conscients des risques que représente la prise de cette pilule. Dans un but préventif, Sprout Pharmaceuticals doit présenter sur une étiquette tous les effets secondaires du médicament car contrairement à la pilule bleue, l’Addyi est un traitement qu’il faut prendre pendant un certain temps avant d’en voir les bienfaits.

Oui aux USA, et en France ?

Après cette première introduction sur le marché aux Etats-Unis, la question se pose maintenant de savoir si l’Addyi arrivera un jour sur le sol européen, voire français, étant donné que jusqu’ici, aucune demande de mise en circulation n’a été encore envoyée à l’agence du médicament (ANSM). Cela ne serait pas de refus pour mieux promouvoir la sexualité féminine souvent reléguée sur le banc de touche par rapport à la sexualité masculine.